Croyez-vous que le Canada peut et devrait créer de bons emplois verts, ainsi qu'agir sur les changements climatiques?

Communiqué concernant les attaques de M. Tim Hudak sur la loi sur l'énergie verte

Un pas en avant ET NON deux en arrière!

 

La loi de l’Ontario sur l’énergie verte et l’économie verte

 

En tant que représentantes et représentants de syndicats, d’organisations environnementales et de groupes militant en faveur de la justice sociale qui mènent des activités en Ontario, nous tenons à exprimer des commentaires sur l’importance de la Loi sur l’énergie verte et l’économie verte de l’Ontario. Bien que les partis de l’opposition aient pour rôle de tenir le gouvernement de l’Ontario responsable, nous croyons que les récentes attaques de M. Hudak, qui sont destinées à faire révoquer cette loi, sont irresponsables.

 

Nous sommes d’avis que la loi en question a engagé l’apport d’une contribution appréciable tant à la protection de l’environnement qu’à l’économie de l’Ontario. Elle a contribué à une augmentation massive de la quantité d’énergie renouvelable produite en Ontario et à la création d’une industrie de l’énergie propre dans cette province. Il s’ensuit que des dizaines de milliers d’emplois favorables à l’environnement ont été créés en Ontario dans le cadre d’une transition planifiée vers une économie beaucoup plus économe en énergie et durable du point de vue de l’environnement.

 

La Loi sur l’énergie verte et l’économie verte de l’Ontario comprend plusieurs éléments positifs et a permis plusieurs réalisations :

 

·      Elle a créé le premier programme de tarif feed-in (FiT) d’Amérique du Nord, qui est destiné à garantir que l’énergie renouvelable puisse être vendue sur le réseau d’électricité;

 

·      Elle a été mise en application pendant sa première année plus que les lois de la plupart des autres pays, plus de 22 000 demandes ayant été présentées, c’est-à-dire trois demandes par heure, 24 heures sur 24 tous les jours;

 

·      Elle a créé un climat stable d’investissement dans les énergies renouvelables, stimulé le développement d’une industrie de l’énergie propre et créé des milliers d’emplois verts;

 

·      Elle attribue à des entreprises ontariennes la majorité des droits à l’égard de l’énergie, ce qui permet à la province d’effectuer une transition à partir du charbon, du pétrole et du gaz sans que cela n’ait d’effet majeur sur l’économie locale;

 

·      Elle assure la création d’emplois manufacturiers en Ontario en exigeant que 25 % des éléments de tous les projets éoliens et 50 % des éléments de tous les projets solaires soient produits par des travailleurs et travailleuses et des industries de la province.

 

En somme, la Loi sur l’énergie verte et l’économie verte de l’Ontario représente un progrès en vue de l’instauration d’une véritable économie durable qui est de plus en plus nécessaire en cette ère de changement climatique. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il serait inutile d’améliorer la législation. Bien que la loi comprenne des dispositions sur les options de propriété mixte – partenariats public-privé – la grande majorité des contrats passés jusqu’à présent en Ontario l’ont été avec le secteur privé. Si la loi doit aider à un passage efficace et sans heurt à une économie verte, la proportion de propriété publique et communautaire doit augmenter considérablement.

 

Outre les grands projets énergétiques privés, qui constituent actuellement le moteur de l’expansion de la production d’énergie renouvelable en vertu du tarif feed-in de l’Ontario, nous devons redoubler d’efforts pour accroître la participation de projets énergétiques de propriété publique et communautaire. En mettant l’énergie entre les mains de coopératives locales, de municipalités et de premières nations et en facilitant l’expansion des projets de production d’énergie renouvelable à grande échelle qui sont de propriété publique, nous pouvons voir à ce que les avantages de la production d’énergies renouvelables demeurent dans nos communautés et atteindre une masse critique d’appui du public à l’égard d’un virage du pétrole, du charbon et du gaz à la mise en valeur et à l’utilisation efficaces des énergies renouvelables.

 

Nous soutenons que, du point de vue des Ontariens et des Ontariennes, la Loi sur l’énergie verte et l’économie verte marque un important pas en avant en vue d’un avenir équitable et durable. En cette ère de changement climatique, tous les partis politiques devraient faire preuve de leadership en préconisant des moyens de renforcer et d’améliorer cette loi dans le contexte susmentionné. Si nous permettions la révocation de la loi, nous nous trouverions à reculer de deux pas. Du point de vue de nos enfants et des générations futures, il serait beaucoup trop coûteux de reculer de deux pas !

 

Cosigné par les organisations suivantes, qui font partie du Réseau pour une économie verte :

 

·      Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA)

·      Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)

·      Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP)

·      Coalition canadienne des jeunes pour le climat (CCJC)

·      Fédération des travailleurs de l’Ontario [FTO]

·      Green Communities Canada

·      Réseau action climat (RAC)

·      Syndicat national des employées et employés généraux et du secteur public (SNEGSP)

·      Institut Polaris (IP)

·      Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC)

·      Métallos

 

mrm/sepb225

Renseignements de base sur le Réseau pour une économie verte (REV)

Le Réseau pour une économie verte repose sur les craintes grandissantes au sujet du changement climatique et du fait que le Canada ne prend pas des mesures efficaces pour réduire les émissions de carbone en tant que pays industrialisé. Puisque la mise en valeur des sables bitumineux bat son plein, le Canada a sa propre machine de changement climatique. Le renversement du rôle que joue le Canada parmi les principaux émetteurs de carbone nécessiterait rien de moins qu’une transformation fondamentale de son économie industrielle. À l’instar du mouvement de la Blue Green Alliance qui prend forme aux États-Unis, des mesures ont été prises afin de déterminer comment bâtir un nouveau mouvement social englobant les syndicats, les groupes environnementaux et les organisations militant en faveur de la justice sociale afin de doter le Canada d’une véritable économie verte.

 

Au printemps de 2008, le Congrès du travail du Canada a créé une table ronde sur les emplois verts, dialogue entre les syndicats et les organisations environnementales. Pendant l’hiver 2008-2009 et le printemps de 2009, le Polaris Institute a pris l’initiative d’organiser des consultations auprès de six grands syndicats canadiens, soit trois syndicats industriels et trois syndicats du secteur public.[1] Ces consultations étaient principalement destinées à déterminer l’engagement pris par les syndicats en vue de se doter de pratiques plus écologiquement durables et à l’égard de la promotion de politiques et de stratégies environnementales et le degré de priorité qu’ils accordent à l’instauration d’une économie verte. Des consultations semblables ont été tenues auprès d’un éventail des principales organisations militant en faveur de la protection de l’environnement et de la justice sociale.[2] Le Polaris Institute a poursuivi ces initiatives en collaboration avec le Congrès du travail du Canada, permettant ainsi à plusieurs autres organisations syndicales de participer aux discussions.[3]

 

Après les consultations, des dirigeants et dirigeantes et des représentants et représentantes de 25 organisations se sont assemblés pour participer à une table ronde d’une journée entière afin de discuter du projet de créer une nouvelle alliance d’organisations syndicales, environnementales et de justice sociale. Après un échange d’avis sur un vaste éventail de sujets, un consensus suffisant a été établi pour que soit entreprise la création de ce qu’on appelle maintenant le Réseau pour une économie verte (REV). Depuis, un comité directeur comprenant des personnes désignées pour représenter chacune des organisations participantes a été mis sur pied. En tant que base d’unité, un énoncé de vision a été établi [voir la page Web]. Il a été officiellement approuvé par presque toutes les organisations participantes. De plus, des groupes de travail ont été créés [voir la page Web] afin de commencer à établir un cadre et un programme d’action communs.




[1]  Travailleurs canadiens de l’automobile, Métallurgistes unis d’Amérique, Syndicat des communications, de l’énergie et du papier ainsi que Syndicat canadien de la fonction publique, Alliance de la fonction publique du Canada et Syndicat national des employées et employés généraux et du secteur public.

[2] Environmental Defence, Greenpeace, Sierra Club, Pembina Institute et Fonds mondial pour la nature ainsi qu’organisations militant en faveur de la justice sociale telles que l’Indigenous Environment Network, Kairos – Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice, et le Conseil des Canadiens.

[3] Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Fédération du travail de l’Ontario, Conseil du travail du Toronto métropolitain et de la région de York, et Association internationale des machinistes.

 

 

SEPB 225